Interview de Claire Diterzi sur France Culture - Anny Karénine, fille de
Émission Les Midis de Culture
Claire Diterzi, musicienne & compositrice : "Je fais des chansons qui se regardent"
durée 29min
Incomparable, Claire Diterzi trace sa voie en toute liberté et poursuit son exploration musicale avec un nouvel et huitième album, "Fille de", dans lequel elle imagine la vie d'Anny Karénine fille de...
Depuis 20 ans, Claire Diterzi balade son imaginaire unique dans nos oreilles et sur scène. Elle a fait de sa voix élastique et reconnaissable entre toutes, un instrument de précision dans un univers fantastique. Ses albums ne se suffisent jamais à eux-mêmes et vont de pair avec un spectacle qu’elle met en scène et qui tourne partout où c’est possible. Son credo, c’est l’hybridation, musicale, artistique, culturelle. On la dit inclassable, mot un peu galvaudé, mais qui colle bien à son refus du formatage de l’industrie musicale.
Héritage, filiation et transmission
"Fille de", huitième album de Claire Diterzi est née d'une obsession, la sienne, pour le roman de Léon Tolstoï, Anna Karénine, mais ici ça n'est pas le personnage tragique d'Anna qui l'intéresse, c'est sa fille : "c'est un livre très long, très lourd, mais en proportion de son épaisseur, il y a seulement quelques lignes sur ce petit bébé et donc je me suis intéressée à cet enfant né dans le péché et dont il est si peu question dans le roman. Que devient-elle une fois jeune femme ? Je me suis projetée et j'ai commencé à écrire un spectacle là où le livre s'arrête, c'est-à-dire sur la mort d'Anna qui ne supporte plus sa vie tragique. Dans mon spectacle, je renais moi-même en Anna Karénine, mère, pour rencontrer ma fille, Annie Karénine".
Et si son album porte le titre "Fille de", c'est en tant que "Mère de" que Claire Diterzi dit l'avoir écrit et pensé : "pendant deux ans, très tardivement, l'une de mes filles a fait la grève de la mère. Elle avait besoin de tuer la mère et ça m'a beaucoup inspiré pour ce spectacle, ce texte et le disque lui est d'ailleurs dédié".
Contrastes, bouillonnement et dépouillement
Pour la compositrice et musicienne qu'est Claire Diterzi, écrire une chanson est similaire à un exercice mathématique : "le format chanson me fascine, ce ne sont ni plus ni moins des maths. Je résous des équations, il faut que ça rentre dans une durée, il faut une mélodie, des mots, un refrain, des couplets. C'est très structuré". Chez Claire Diterzi, chansons et spectacle s'imbriquent et font se mélanger les arts : "je fais des chansons qui se regardent, je les pense vraiment pour la mise en scène, pour une dramaturgie, ça doit raconter une histoire et je pense que c'est la particularité de mon travail".
Dans "Fille de" Claire Diterzi est allée souligner les contrastes :"j'en avais envie, je voulais mailler des esthétiques musicales à savoir le rock, la pop d'où je viens et un univers très synthétique. Et puis à l'opposé faire se frotter le monde de l'opéra, du lyrique, du grandiloquent, de faire se rencontrer le profane et le sacré, la vie et la mort, le noir et le blanc".
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