Chanson à regarder et pièce de théâtre à entendre, Claire Diterzi entremêle les répertoires pour nous conter l’extraordinaire quête d’émancipation de la fille d’Anna Karénine.
Pourquoi s’arrêter à la fin des histoires quand il est possible d’en inventer la suite ? Pas vraiment du genre à se satisfaire des limites supposées de l’imagination, pas plus que des frontières temporelles, géographiques ou disciplinaires, Claire Diterzi reprend le fil au moment où le roman de Léon Tolstoï s’achève. Elle pose ainsi sur scène une question qui l’a toujours hantée : qu’est donc devenue la fille d’Anna Karénine après la mort brutale et tragique de cette dernière ?
Marquée par le destin d’une mère à qui l’on a refusé toute véritable liberté, Anny hérite d’un puissant désir d’émancipation. Mais son rêve à elle se situe ailleurs : devenir chanteuse de pop. Et pour y parvenir, elle n’hésitera pas à traverser les pays, les époques et les imaginaires.
Épopée fantasque, Fille de entremêle le meilleur du théâtre et de la musique, puise ses inspirations dans les répertoires orthodoxes, lyriques et pop, et fait dialoguer la Russie tsariste d’hier avec celle de Poutine aujourd’hui, pour nous conter une quête universelle : celle de la liberté.
Depuis 20 ans, Claire Diterzi balade son imaginaire unique dans nos oreilles et sur scène. Son credo, c’est l’hybridation — musicale, artistique, culturelle. On la dit inclassable, mot un peu galvaudé, mais qui traduit bien son refus du formatage de l’industrie musicale.
En 2014, j’ai fondé la compagnie Je garde le chien afin de porter mes projets avec une totale liberté artistique et structurelle : choisir mes collaborateurs, mes formes, mes formats, et affirmer une démarche singulière à l’écart des logiques industrielles. Je conçois des « œuvres de plateau » mêlant musique, texte et geste : des formes scéniques hybrides où la chanson devient matière dramaturgique — des chansons qui se regardent.
Ce nouveau spectacle, Anny Karénine, s’inscrit pleinement dans cette vision. Il imagine une suite fictionnelle au roman Anna Karénine, en partant de la mort de l’héroïne pour explorer le destin de sa fille, Anny. Ce point de départ littéraire me permet d’aborder des thématiques à la fois personnelles et universelles : la transmission, les liens mère-fille, la quête d’émancipation, la mémoire familiale, le déracinement, la reconstruction.
Dans un paysage où l’industrie musicale privilégie souvent les formats normés et les récits légers, Fille de (Chansons du spectacle - sortie sept 25) assume des sujets rarement considérés comme "bankables" : le suicide, la guerre, la filiation, l’exil, la Russie. Pourtant, ces enjeux résonnent puissamment avec les questionnements actuels. Ce spectacle se place résolument à contre-courant, défendant une liberté de ton et une exigence de fond, dans une forme inclassable mêlant musique, théâtre et poésie. Il bouscule les frontières disciplinaires et propose une alternative sensible aux récits dominants. L’humour, l’autodérision et une esthétique pop assumée en rendent les thèmes accessibles et profondément contemporains.
Conçu comme un spectacle total, Anny Karénine déploie une forte puissance théâtrale et un univers visuel contrasté : du noir et blanc à la couleur, du sacré au profane, de l’opéra à la pop. La scénographie minimaliste et la mise scène mettent en tension passé et présent.
La création repose sur une dualité centrale : Anny, figure contemporaine, silencieuse, batteuse de rock et enfant mutique ; et Anna, mère-fantôme revenue d’outre-tombe, diva tragique. Entre elles, un trio de chanteurs lyriques, figures d’autorité devenues chœur libéré, glisse du rigorisme au débordement. Cette cohabitation d’univers incarne ma volonté constante de croiser les esthétiques, brouiller les codes, corrompre les genres.
Anny Karénine est aussi une œuvre d’exorcisme, où l’intime rejoint le politique. Elle interroge ce que la scène permet de sublimer, de réparer et de transmettre. Dans un monde fragilisé, je crois en l’art comme espace de résistance, de dialogue et de transformation. La musique y est un moteur vital, une énergie de vie et de lien.
Texte & musique, mise en scène, scénographie Claire Diterzi
Assistanat à la mise en scène Esther Armengol
Costumes Kite Vollard
Régie son Arnaud Viala
Régie lumière Romuald Nardello
Régie générale Marc Flichy
Graphisme & Artwork Pascal Blua
Photographe Jean-Christophe Londe / monsieurj
Claire Diterzi - voix
En alternance:
Esther Armengol - chant, violoncelle, balalaïka & percussions
Mariotte - chant, guitare, alto & percussions
Martin Laskawiec - ténor
Cédric Lotterie - baryton
Lancelot Dubois - basse
Hors des modes et pleine d’esprit, elle poursuit son chemin en semant dans le paysage musical quelques perles rares. L’EssentiART
C’est assez fou, et très réfléchi. Donc plutôt rare. Télérama TTT
Orfèvre du théâtre musical, du concept album FrancoFans
On ne naît pas fille de, on le devient (ou pas). Pas plus qu’on ne naît fan. Mais on l’est ! MidiLibre
Sa voix nous porte. Ses respirations nous tiennent en haleine. Les voix masculines nous élèvent. Les sons nous pénètrent jusqu'au plus profond de nos âmes. L'onde de leurs voix nous inonde. Les paroles réveillent des émotions enfouies. Le trouble opère. La Grande Parade
Toujours à l’avant-scène de la liberté, Claire Diterzi reste un bel exemple à suivre pour ses sœurs et filles chantantes. Hexagone
Une création hybride et séduisante, portée par une énergie intense, aboutissant à un objet inclassable et attachant. Ouest France
Durée prévisionnelle : 1h15
5 interprètes & 3 régisseurs en tournée
En savoir plus : admin@jegardelechien.fr
Projets de sensibilisation
Production Je garde le chien
Coproductions
la Comète · Scène nationale de Châlons-en-Champagne (51) ;
le Théâtre de de la Coupe d'Or · Scène conventionnée de Rochefort-sur-Mer (17) ;
les Bains-Douches · SMAC de Lignières-en-Berry (18) ;
la Bouche d'Air à Nantes (44) ;
le Théâtre du Rond-Point à Paris 8e ;
l'Abbaye de Noirlac · Centre culturel de rencontre à Bruère-Allichamps (18) ;
le Théâtre Molière -> Sète · Scène nationale de l’Archipel de Thau (34) ;
le Carré · Scène nationale-Centre d'art contemporain de Château-Gontier sur Mayenne (53) ;
le Théâtre de Châtillon (92).
Avec le soutien pour sa création de la région Centre-Val de Loire, les Villes de Tours & Joué-lès-Tours, le Centre National de la Musique, la SPEDIDAM, la SPPF (en cours)